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TIENS FERME TA COURONNE de Yannick Haenel

« A cette époque, j‘étais fou. » Ainsi s’ouvre le nouveau roman de Yannick Haenel, récent lauréat du Prix Médicis. Et c’est bien à une forme de folie que la trajectoire du livre, comme celle de son héros, nous convie.

Esthète cinquantenaire porté sur la vodka, Jean Deichel vient d’achever un scénario monumental sur la vie d’Herman Melville, l’auteur de MOBY DICK. Débouté par tous les producteurs sur la place de Paris, il se met en tête que seul un cinéaste dont le génie tutoie celui du grand écrivain pourra tourner la chose. En l'occurrence Michael Cimino, l'auteur maudit de VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER qui a disparu de la circulation. C’est le point de départ d’un cheminement géographique - lors d’une virée new yorkaise mémorable avec le cinéaste - et spirituel pour Jean Deichel, alter-ego littéraire de l’écrivain Yannick Haenel.

Véritable sociopathe cinéphile retranché dans son appartement en compagnie du dalmatien de son voisin, il est animé par la recherche du Beau, une transcendance dont il saisit des signes dans les films (notamment APOCALYPSE NOW), les livres (Kafka, Proust, Melville…) ou le réel lorsqu’il dialogue secrètement avec les mythes (la figure du cerf). Seule cette beauté est à même de lui apporter la vérité et donc de donner un sens à sa vie. Dans cette quête purement esthétique, Jean a renoncé à toute forme de matérialisme (professionnel, économique, foncier) et de sociabilité. Et c’est avec un humour misanthrope, mais plein d'autodérision, qu’il transgresse les tristes codes de notre époque.

Se mettre en quête de vérité donc. Une obsession qui meut Jean et la forme même du livre dont le récit est troué de considérations mystiques qui frôlent parfois l’élucubration et où se télescopent Isabelle Huppert, la déesse Diane, une remise en question de la dévotion religieuse, une nuit d’amour fantasmagorique dans un musée parisien...

Perdant magnifique, on laisse Jean dans les eaux d'un lac de montagne à la fin du récit, apaisé au terme d’une lecture désarçonnante, iconoclaste et salvatrice pour le lecteur.


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